« L’observation est le premier levier de la reconquête des friches. Le partenariat avec l’Établissement public foncier du Grand Est nous permet de mettre cet outil au service des élus et des territoires. »
Éric Citerne, directeur de l’AUDC
L’Établissement Public Foncier de Grand Est (EPFGE) et les cinq agences d’urbanisme du réseau, AGAPE, AGURAM, AUDC, AUDRR et SCALEN, publient le millésime 2025 de l’Observatoire des friches. Cette nouvelle édition dresse le bilan de l’année et met à disposition une base de données enrichie ainsi qu’un atlas cartographique. Ensemble, ils constituent un outil de référence pour identifier, caractériser et mobiliser un foncier déjà artificialisé, ressource stratégique à l’heure de la sobriété foncière et du Zéro artificialisation nette.
Un outil au service de la sobriété foncière
Conformément à la loi Climat et résilience de 2021, l’Observatoire retient comme friche tout bien immobilier, bâti ou non bâti, inutilisé et dont l’état ne permet pas un réemploi sans aménagement ou travaux préalables. De l’ancien site industriel à la grange inoccupée, son regard s’est considérablement élargi pour intégrer toutes les formes de foncier inutilisé.
Actualisé chaque année en lien étroit avec les intercommunalités, l’Observatoire repose sur trois missions : la mise à jour et le partage régulier de la base de données, la publication annuelle de l’Atlas des friches enrichi d’indicateurs sur la mutabilité des sites, et l’animation territoriale auprès des acteurs locaux. L’ensemble des données est également versé sur l’inventaire national Cartofriches, porté par le Cerema, ce qui facilite la comparaison avec les tendances nationales.
Que retenir du millésime 2025 ?
- 1 517 friches recensées sur les territoires des ex-régions Lorraine et Champagne-Ardenne.
- 96 friches actualisées et 56 nouveaux sites intégrés à la base de données lors de la mise à jour 2025.
- 1 273 friches non reconverties ou en cours de reconversion, soit près de 6 000 ha, auxquelles s’ajoutent 244 sites déjà reconvertis (1 385 ha) conservés dans la base pour préserver la mémoire des sites.
- 42 % des friches sans vocation connue, soit près de 2 000 ha en attente : le principal enjeu des années à venir.
- 61 % des sites en zone tendue pour l’habitat (A-B), une proportion nettement supérieure à la moyenne nationale, qui n’atteint qu’un tiers.
- Une taille moyenne de 5 ha, plus d’une friche sur trois concernée par une pollution, et la moitié des sites au contact d’un réservoir de biodiversité ou d’une forêt.
L’origine des friches reste marquée par l’héritage sidérurgique et minier, qui représente 40,5 % des sites et 67 % des surfaces. Fait notable, les friches militaires, peu nombreuses, sont les plus vastes en moyenne et pèsent 16,5 % des surfaces totales.
L’AUDC mobilisée sur le recensement des friches du pays de Châlons-en-Champagne
L’AUDC a rejoint le partenariat en 2023, aux côtés de l’AUDRR, en travaillant d’abord sur les silos agricoles. Elle a livré son premier millésime en 2024, en recensant l’ensemble des friches de son territoire de compétence, le pays de Châlons-en-Champagne, composé des intercommunalités de Châlons-en-Champagne, de la Moivre à la Coole et de la Région de Suippes. L’agence identifie, localise et qualifie les sites, et alimente une base de données partagée, support d’aide à la décision pour la reconversion et la sobriété foncière.
En 2025, l’agence a fait vivre l’observatoire par de nombreuses interventions : présentation de la démarche aux services de la DDT de la Marne en février, puis aux élus et techniciens de la Région Grand Est et des trois intercommunalités en mars, transmission des données au groupe de travail régional sur la renaturation en mai, intervention à la Foire de Châlons en août à l’invitation de l’ADEME, et portage de la démarche auprès des SCoT du pays Vitryat et d’Épernay en novembre. Toutes ces actions poursuivent le même objectif : faire de l’observatoire un outil de connaissance du territoire au service des politiques foncières locales.
Sur le pays de Châlons, plusieurs friches illustrent le potentiel de reconversion du territoire : la réhabilitation des anciens entrepôts Mory, la rénovation des cités militaires Saint-Pierre et Saint-Martin (4,5 ha), l’ancienne Clinique Priollet, ou encore la reconversion de l’usine Grantil en locaux d’activité, achevée en 2025.
Et pour la suite
En 2026, dans le cadre d’une mission confiée par l’EPFGE, l’AUDC poursuit l’enrichissement et la fiabilisation de la base de données. De nouveaux indicateurs de risques, de pollutions et d’enjeux patrimoniaux sont testés sur les sites de l’agglomération châlonnaise, une expérimentation qui alimentera les échanges inter-agences consacrés à la méthodologie de l’observatoire. La thématique des friches intègre par ailleurs, pour la première fois, l’Atlas des chiffres clés produit en 2026 par l’agence, avec un chapitre dédié à l’inventaire de ces gisements fonciers et à la vocation à venir des sites recensés.
Enfin, l’AUDC organise une conférence le 3 septembre à la Foire de Châlons, consacrée à la reconquête des friches à l’échelle du pays de Châlons.
Pour aller plus loin
Retrouvez l’interview complète d’Éric Citerne, directeur de l’AUDC, réalisée par l’EPFGE, ainsi que la publication, la carte interactive et les données téléchargeables par territoire :
Observatoire des friches 2025 sur le site de l’EPFGE
Sur la carte interactive, cliquez sur un site pour télécharger sa fiche PDF détaillée.
Lien : epfge.fr/website_operations/carte_operations.html